Il servit d'abord dans la Marine, et pris part à l'expédition de Saint-Domingue, et remplit avec succès plusieurs missions, notamment celle de réclamer au dey d'Alger 250 Gênois retenus en esclavage ; quitta en 1806 le service de mer avec le grade de contre-amiral et fut aussitôt mis à la tête d'un corps d'armée de Wurtembourgeois et de Bavarois, avec lequel il enleva la Silésie au roi de Prusse en 1807, et fut placé sur le trône de Westphalie, crée pour lui. Il établit sa résidence à Cassel, introduisit dans son royaume les institutions françaises et abolit de nombreux abus. Placé en 1812 à la tête d'un corps de troupes allemandes, il prit part à la campagne de Russie et se distingua aux combats d'Ostrowno et de Mohilev, mais, à la suite d'un facheux conflit avec le maréchal Louis Nicolas Davout, il retourna à Cassel. Il refusa de conserver le trône après les évènements de 1814, s'empressa de revenir en France pendant les Cent-Jours, commanda un corps d'armée en Belgique, fut blessé au combat de Hougoumont, et n'en prit pas moins une part fort active à la Bataille de Waterloo où il fit des prodiges de valeur. Après la chute de Napoléon, il se retira près de son beau-père, qui lui conféra en 1816 le titre de comte de Montfort, sous lequel il a été longtemps connu. Rentré en France en 1848, il contribua à préparer l'élection à la présidence de son neveu, le prince Napoléon, et fut nommé succesivement gouverneur des Invalides (1848), maréchal de France (1850), président du Sénat (1851), et fut réintégré, parès le rétablissement de l'Empire, dans le titre et les honneurs du prince impérial (1852). Son corps a été déposé aux Invalides auprès de celui de Napoléon. Ses Mémoires et sa Correspondance ont été publiés en 1863.